Avec le lancement conjoint de la nouvelle Série 3 et de sa déclinaison 100 % électrique i3, la firme bavaroise pose la première pierre de son ère « Neue Klasse ». Un virage stratégique qui fait cohabiter watts, cylindres et technologie de pointe.
Un dessin unique, deux philosophies sous le capot
Visuellement, le message est clair. Fini l'époque où les modèles électriques devaient absolument ressembler à des objets roulants non identifiés. L'i3 et la Série 3 thermique partagent la même identité stylistique : une berline sportive, tricorps, aux porte-à-faux courts et à l'empattement étiré. L'intégration de la signature Neue Klasse réinterprète la calandre et les doubles projecteurs dans un ensemble lumineux étiré sur toute la face avant. À l'exception de quelques détails aérodynamiques, d'un choix de jantes allant de 18 à 21 pouces et de poignées de portes affleurantes, les deux sœurs partagent le même ADN athlétique.
Pour marquer leur territoire, les versions sportives n'hésitent pas à puiser dans les références maison : la finition M Sport apporte un bouclier avant acéré, tandis que le haut de gamme thermique arbore les fameux projecteurs « M Yellow Lights » jaunes, empruntés à la compétition.
L'habitacle : la fin des compteurs classiques
À bord, le changement d'époque est radical. La planche de bord tire un trait sur l'agencement traditionnel pour faire place au BMW Panoramic iDrive. L'information ne se lit plus derrière le volant, mais se projette sur toute la largeur du bas du pare-brise via le système Panoramic Vision, complété par un affichage tête haute 3D.
Au centre, un grand écran tactile de 17,9 pouces regroupe l'essentiel des commandes. Fonctionnant sous BMW Operating System X (développé sur une base Android AOSP), l'interface mise sur la commande vocale poussée par l'intelligence artificielle et l'ergonomie QuickSelect pour éviter au conducteur de quitter la route des yeux. Côté vie à bord, l'espace gagne en luminosité grâce au toit panoramique, et le volume de coffre s'établit à 450 litres sur les versions thermiques, contre 420 litres pour l'i3 (qui ajoute un bac de rangement de 31 litres sous le capot avant, idéal pour les câbles de recharge).

Sous le plancher : l'i3 mise tout sur la 6e génération eDrive
C’est sous la robe de la BMW i3 que se cache la vraie rupture technique. Basée sur une architecture 800 volts, elle inaugure la sixième génération de la technologie eDrive. Les batteries délaissent les cellules prismatiques pour de nouvelles cellules cylindriques intégrées directement au châssis (cell-to-pack). Le résultat ? Une densité énergétique en hausse de 20 % et des temps de charge réduits de près d'un tiers.
Deux versions ouvrent le bal, toutes deux dotées de la transmission intégrale xDrive grâce à un moteur sur chaque essieu :
- BMW i3 40 xDrive : 374 ch (275 kW), batterie de 82,8 kWh net, et une autonomie annoncée jusqu'à 710 km (cycle WLTP).
- BMW i3 50 xDrive : 469 ch (345 kW), 645 Nm de couple, 0 à 100 km/h expédié en 4,7 secondes, et surtout une batterie de 108,7 kWh offrant jusqu'à 912 km d'autonomie.
Sur une borne rapide en courant continu, la version 50 xDrive encaisse jusqu'à 400 kW de puissance, permettant de récupérer plus de 400 km d'autonomie en dix minutes. Autre nouveauté majeure : la recharge bidirectionnelle (V2L pour alimenter des appareils, V2H pour réinjecter l'électricité dans la maison).
Le thermique n'a pas dit son dernier mot
Que les amateurs de mécanique se rassurent, la firme de Munich ne balaye pas son histoire d'un revers de main. La gamme thermique s'appuie sur des blocs essence électrifiés par une hybridation légère 48 volts.
L'entrée de gamme est assurée par la 320 et son quatre-cylindres turbo, mais le sommet de l'offre thermique prend la forme de la M350 xDrive. Sous le capot, le mythique six-cylindres en ligne de 3,0 litres développe 443 ch (326 kW) et abat le 0 à 100 km/h en 4,1 secondes. Pour préserver le plaisir de piloter, cette version inaugure une fonction baptisée Drift Moment, capable de renvoyer la totalité du couple sur les seules roues arrière à l'envie. Une déclinaison hybride rechargeable (PHEV) viendra compléter le catalogue un peu plus tard.

Sur la route : l'électronique au service du toucher de route
Côté châssis, la Série 3 fait évoluer ses recettes éprouvées : train avant à double articulation, essieu arrière à cinq bras, voies élargies et rigidité accrue. Sur la version électrique i3, la gestion de la dynamique de conduite est confiée à un tout nouveau calculateur baptisé Heart of Joy. Dix fois plus rapide que les calculateurs précédents, il regroupe la gestion du moteur et du châssis en une seule unité pour garantir l'agilité historique du modèle malgré le poids des batteries.
Pour compenser le tout, les suspensions pilotées SelectDrive (de série sur M350 xDrive, en option ailleurs) et la conduite semi-autonome de niveau 2 complètent une dotation technologique particulièrement riche.
L'avis de la rédaction
BMW réussit un grand écart délicat. Plutôt que d'opposer bêtement thermique et électrique, le constructeur allemand réutilise la même recette qui a fait le succès de la Série 3 depuis 1975 : un châssis affûté, une vraie gueule et une technologie de pointe. Si l'i3 impressionne sur le papier avec ses autonomies à rallonge (plus de 900 km annoncés sur la grosse batterie) et sa recharge ultra-rapide en 800V, la présence du six-cylindres de la M350 xDrive prouve que Munich n'a pas oublié ses passionnés de la première heure. L'habitacle très épuré et centré sur le tout-écran risque de déstabiliser les adeptes des boutons physiques, mais la promesse dynamique semble bel et bien tenue. Une transition en douceur, mais extrêmement armée.





