Dans le monde des rassemblements automobiles, certaines silhouettes ne passent pas inaperçues. Lorsqu’un V8 de 1965 laisse entendre son ronronnement caractéristiques, les regards se tournent naturellement vers la piste.
Au volant ? Delphine. À 50 ans, cette professionnelle du secteur aéronautique a trouvé dans l’univers des belles mécaniques bien plus qu’un passe-temps du dimanche : un véritable art de vivre fondé sur le partage, l’esthétique et la camaraderie.
Son histoire avec l’icône américaine s’est écrite en deux temps. D’abord séduite par un coupé Ford Mustang, Delphine s’imprègne des sensations propres à la marque à l'ovale bleu. Mais l'appel des grands espaces finit par l'emporter. « À l’époque où j’avais encore le coupé, je cherchais une deuxième voiture. Plutôt que de prendre un modèle un peu plus récent, j’ai préféré prendre une décapotable. C’était l’occasion », confie-t-elle. Le coup de cœur est immédiat. Le coupé revendu cette année laisse définitivement la place à une pièce de collection d'exception : un cabriolet de 1965 abritant sous son capot un V8 289 CI de 4,7 litres développant 220 chevaux.

Si son entrée active dans les rassemblements remonte à trois ans, son amour des belles lignes, lui, ne date pas d'hier. « J’ai toujours aimé les voitures. Je suis une grande fan », résume-t-elle simplement. Un penchant qui prend une dimension toute particulière lors de sa rencontre avec son mari, Nico. Au début de leur relation, alors qu'ils n'échanged encore que par messages, Delphine lui lance une perche en forme de clin d'œil : « Mais t’aimes bien les Mustang ? Ça te plairait d’en conduire une ? » La réponse ne se fait pas attendre. Complices sur la route comme dans la vie, le couple sillonne désormais les événements de la région.
Aujourd'hui membre active de la Team Rasso Aisne, Delphine enchaîne une dizaine de rassemblements par an. Sa particularité ? Une curiosité sans œillères. Qu'il s'agisse de modèles anciens, de pures américaines ou de véhicules tuning plus contemporains, c'est l'émotion visuelle et la ligne qui l'interpellent : « J’aime bien voir les voitures, même si elles sont récentes. J’aime bien regarder l’esthétique. »
Mais au-delà du rutilant des carrosseries, c'est la chaleur humaine des « rassos » qui alimente sa motivation. « Échanger avec les passionnés, c’est un peu le but », rappelle-t-elle. Derrière chaque capot ouvert se cache une aventure humaine, une restauration patiente ou une anecdote de route. En intégrant la Team Rasso Aisne, la passionnée a trouvé une seconde famille, réunie autour d'une même culture du partage.

Quand Delphine coupe le contact de sa Mustang 1965 sur une place d'exposition, ce n'est pas seulement un monument de l'histoire automobile américaine qu'elle donne à voir. C'est le témoignage vivant d'une passion sincère, d'un art de la rencontre et du plaisir d'avancer, cheveux au vent.

