Pas de surenchère, pas de trahison. Tolman signe une Integra Type R restomod qui ne cherche pas à réécrire l’histoire, mais à la remettre au propre. Et quand le B18C reprend vie comme à la grande époque, on comprend vite que le respect peut être plus radical que la transformation.
Il y a deux façons d’aborder un restomod : tout changer pour impressionner, ou tout comprendre pour préserver. Tolman a clairement choisi son camp. Cette Honda Integra Type R (DC2) ne joue pas les stars bodybuildées. Elle revient simplement à ce qu’elle aurait dû rester sans le poids des années, avec une exécution chirurgicale.

Sur le papier, la base semblait saine. En réalité, la corrosion était bien planquée sous des réparations de façade. Plutôt que de masquer, Tolman a repris à zéro. Faute de pièces disponibles, certaines zones ont été recréées à la main : ailes arrière, passages de roue, sections de plancher. 180 heures de travail pour retrouver une structure digne de ce nom. Ici, on ne parle pas de restauration cosmétique, mais de reconstruction fidèle.
La robe abandonne le Championship White pour un Vert Sorrento inattendu, choisi pour matcher avec une 205 GTi Tolman Edition déjà dans le garage du propriétaire. Le résultat fonctionne, surtout avec une application maîtrisée jusque dans les détails techniques, comme l’utilisation d’azote pour une finition plus propre. Rien de tape-à-l’œil, juste une peinture qui claque comme il faut.
Sous le capot, pas de folie inutile. Le 1.8 DOHC VTEC B18C est reconstruit strictement selon les specs d’origine. Passage au banc : 190 ch, comme à la sortie d’usine. Et surtout, cette montée en régime toujours aussi addictive. Tolman ajoute juste ce qu’il faut pour rendre l’auto exploitable aujourd’hui : freinage neuf, lignes revues, antidémarrage discret, un peu plus d’insonorisation. Rien qui ne vienne filtrer le caractère.

Même logique côté châssis. Double triangulation remise à neuf, combinés Nitron, trains assainis. L’Integra retrouve sa précision chirurgicale sans tomber dans la rigidité moderne. Les jantes Enkei en 15 pouces restent, mais avec des Michelin Pilot Exalto 2 pour reconnecter le tout à l’asphalte actuel.
L’habitacle suit la même philosophie. Les sièges avant délavés retrouvent leur tissu d’origine grâce à un sourcing pointu, pendant que l’arrière, intact, est conservé tel quel. Pas de modernisation gadget, juste une remise à niveau cohérente.
Au final, 740 heures de boulot, un essai routier de 160 km validé par Chris Tolman lui-même, et une vision claire : ne pas améliorer une icône, mais lui redonner toute sa netteté. Cette Integra ne cherche pas à être meilleure que l’originale. Elle cherche à être exactement ce qu’elle promettait à l’époque. Et aujourd’hui, c’est presque plus rare.
L’avis de la rédac
À force de voir des restomods qui en font trop, on finit par oublier pourquoi on aimait ces autos à la base. Tolman remet les pendules à l’heure. Cette Integra Type R ne cherche pas à être plus rapide, plus large ou plus démonstrative. Elle cherche juste à être juste.
Et c’est précisément là que ça tape fort. Parce qu’en refusant la surenchère, Tolman signe une auto presque à contre-courant de l’époque. Pas de swap exotique, pas de chiffres délirants, pas de look forcé. Juste un châssis affûté, un B18C qui hurle comme il faut et une caisse reconstruite sans compromis.
Le résultat, c’est une leçon. Celle qui rappelle que certaines bases n’ont pas besoin d’être améliorées, seulement respectées et remises à niveau avec les bons standards. Aujourd’hui, c’est presque devenu radical.
Clairement, on en veut plus des restomods comme ça. Moins de démonstration, plus de sensation.








