Face à une concurrence déjà installée (comme MG ou BYD), Chery débarque avec une stratégie originale et ciblée, articulée autour d'une offre 100 % électrifiée mais axée sur l'hybride.
Une stratégie centrée sur l'hybride et les familles
Contrairement à d'autres marques chinoises qui privilégient le tout-électrique pour contourner certaines taxes européennes, Chery fait le pari de répondre aux attentes immédiates des automobilistes. La marque lance en France une offre exclusivement constituée de véhicules hybrides (HEV) et hybrides rechargeables (PHEV).
« Notre engagement est simple : offrir une expérience cohérente et rassurante, de la découverte du véhicule à son entretien.
— Lionel French Keogh, directeur opérationnel du groupe Chery en France
Les piliers de leur stratégie d'implantation :
- Un réseau physique étendu : Plus de 50 concessions et réparateurs agréés dès le lancement, avec un objectif de plus de 90 sites d'ici la fin de l'année.
- Les Voitures
- Des garanties rassurantes : Une garantie constructeur de 7 ans (ou 150 000 km) et une couverture de 8 ans (ou 160 000 km) pour la batterie de traction.
La gamme Tiggo : trois SUV pour couvrir tous les besoins
Pour séduire le public français, le constructeur mise sur sa gamme phare de SUV :
| Modèle | Segment | Motorisation | Cible principale |
|---|---|---|---|
| Tiggo 4 | SUV urbain (B-SUV) | Hybride simple | Trajets urbains et périurbains |
| Tiggo 7 | SUV compact (C-SUV) | Hybride & Hybride Rechargeable | Utilisation polyvalente pour les familles |
| Tiggo 8 | Grand SUV (7 places) | Hybride Rechargeable (PHEV) | Familles nombreuses et voyages |
Une technologie éprouvée à l'international
Le Nouvel Automobiliste Utilisée et éprouvée sous divers climats à travers plus de 30 pays, cette motorisation vise à offrir le meilleur compromis entre autonomie, sobriété énergétique et sobriété tarifaire. De plus, sur le plan de la sécurité, les modèles de la marque accumulent les 5 étoiles aux crash-tests Euro NCAP, un argument déterminant pour rassurer la clientèle européenne.
Commercialisation et perspectives
L'ouverture des commandes est fixée pour la rentrée. Chery n'arrive pas en terrain totalement inconnu dans l'Hexagone, puisque le groupe y distribuait déjà des modèles via ses marques sœurs Jaecoo et Omoda. En arrivant directement sous son nom propre avec des tarifs annoncés comme particulièrement compétitifs, Chery compte bien s'imposer comme un acteur majeur du paysage automobile français.
Pour accélérer son ancrage sur le Vieux Continent et contourner intelligemment les barrières douanières, Chery passe à la vitesse supérieure. Le groupe chinois a signé un protocole d'accord avec Nissan pour exploiter les capacités de production sous-utilisées de la célèbre usine de Sunderland, au Royaume-Uni (qui assemble notamment le Nissan Qashqai). Ce qu'il faut en retenir : Après le rachat de l'ancienne usine Nissan de Barcelone en Espagne, la réutilisation du site de Sunderland confirme que Chery ne vient pas en Europe pour faire du simples exportations, mais bien pour s'implanter durablement dans le tissu industriel européen.
L'avis de la rédac
Le pari est osé, mais la stratégie est particulièrement fine.
Là où d'autres constructeurs chinois ont commis l'erreur de miser à 100 % sur l'électrique pur — se heurtant ainsi au coup de frein des aides gouvernementales et à la surtaxe européenne —, Chery arrive avec un pragmatisme rafraîchissant. En misant massivement sur l'hybride et l'hybride rechargeable, la marque répond exactement à la demande actuelle du grand public français : rouler plus vert sans subir l'angoisse de la recharge lors des grands trajets.
Ce qu'on aime :
- L'approche pragmatique : Un réseau de concessions physique solide dès le premier jour, évitant l'écueil du « tout en ligne » qui effraie encore beaucoup d'acheteurs.
- La sérénité garantie : Avec 7 ans de garantie et un stock de pièces géré en France, Chery s'attaque directement au principal frein de réassurance des marques émergentes.
- Le rapport prestation/prix : Des SUV familiaux 7 places équipés de technologies éprouvées à des tarifs qui s'annoncent très agressifs face aux ténors européens.
Ce qui reste à prouver :
- L'image de marque : Convaincre les acheteurs français de délaisser des valeurs sûres (Peugeot, Renault, Volkswagen) pour un nom encore inconnu ne se fera pas du jour au lendemain.
- La valeur de revente : La cote sur le marché de l'occasion reste l'inconnue majeure pour ces nouveaux entrants.
Notre verdict : Chery possède toutes les cartes en main pour réussir son hold-up sur le marché tricolore. Si les tarifs annoncés tiennent leurs promesses et que le réseau tient la route en après-vente, les constructeurs européens ont de vraies raisons de s'inquiéter.

